De Maputo à Paris – c’est beau une foule qui marche

Le 27 novembre 2015, à trois jours du début de la Conférence Paris Climat 2015, la COP21, le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Mozambique a organisé une marche pour le climat avec 17 organisations de la société civile. Retour sur les émotions d’une marche colorée et joyeuse dans les rues de Maputo, qui s’est terminée devant une Tour Eiffel en matériaux recyclés, érigée par surprise devant la Mairie.

marche 2

C’est beau une foule qui marche. Ça n’a l’air de rien, ou alors un air de déjà-vu, mais l’émotion est toujours là. Sur les visages, qui disent une fierté. Dans les jambes, qui dansent ou pressent le pas.
De tous temps on a dû marcher. Parfois sans résultat. Parfois pour une révolution au bout, y compris sans le faire exprès. Car la marche se suffirait presque à elle-même, quel qu’en soit le but. Une protestation ou un nouveau cap. Voire une utopie.
La dernière en date ? Sauver la planète. Maîtriser son climat. Arrondir la courbe, désespérément exponentielle, de sa température moyenne.
Au Mozambique, pas besoin de grandes explications pour démontrer l’urgence du combat. De tout le continent africain, le pays est le 3ème le plus vulnérable aux conséquences du changement climatique. Et le septième, à l’échelle du globe. Sur les vingt dernières années du siècle précédent, il a connu 15 événements climatiques exceptionnels : sécheresses, tempêtes, inondations. Depuis l’an 2000, nous en sommes déjà à 31. Avec à chaque fois des victimes, des déplacés, des champs asséchés ou recouverts, des problèmes alimentaires et des maladies à profusion.
A l’instar de l’Afrique, le Mozambique fait figure de victime innocente. Responsable pour un epsilon dans les émissions de gaz à effet de serre passées, mais en première ligne face aux dérèglements et aux catastrophes qui en découlent aujourd’hui.
Cependant, ici, on ne fait pas que tendre la main en direction des bailleurs, pour exiger des financements nouveaux pour permettre de suivre une autre trajectoire de développement que le tout fossile ou le tout industriel. Ici aussi, on a compris que la planète est une, qu’il n’y en a pas d’autre, et que les vents carbonés semés çà et là sont les tempêtes de demain. Ici aussi, il est loin le temps où l’on pouvait croire à une colère divine ou à une nature capricieuse, où l’on pouvait s’abriter derrière un fataliste « c’est la vie ». Désormais, on sait que « c’est l’homme » qui est derrière tout cela. Alors tout en exigeant des mesures différenciées selon les moyens et les niveaux de responsabilité, on se dit ici aussi qu’on a intérêt à prendre les siennes dès à présent.marche 4
Des esprits chagrins diront qu’en fait d’utopie, une revendication de survie en est un triste ersatz. C’est méconnaître le sens de cette survie, qui est en réalité une autre vie. Et dans cette marche qui, symboliquement, nous a conduits de Maputo à Paris, on en a vu une projection, de cette autre vie possible et souhaitable. Une projection d’humanité en mouvement, plutôt qu’assise dans l’attente de l’apocalypse annoncée. Une humanité résistante, plutôt que fataliste. Fraternelle, plutôt que divisée. Créative plus que poussive. Joyeuse, bien plus que désespérée.

marche 3
Il fallait être là, pour le comprendre et le vivre. Il fallait être là, dans les rues étroites du centre-ville, à contenir la tête de cortège, une foule d’enfants pressée d’en découdre avec le renoncement. Il fallait être là, au milieu des « mamas » mozambicaines, pour danser avec elles, et les sentir plus légères de lutter plutôt que de porter seules toutes les tâches du quotidien. Il fallait être là, au milieu des musiciens ou des marionnettes géantes, des passants incrédules, des haies d’honneur de smartphones dressés sur le parcours, des voitures arrêtées par la police pour céder la place à une horde de pieds – quel meilleur symbole, au passage ? Il fallait être là, sur la remontée de l’Avenue Samora Machel, sur le chemin du retour vers la mairie de Maputo, pour entendre la clameur des marcheurs qui se voyaient arriver à Paris, par la magie d’une Tour Eiffel en matériaux recyclés apparue sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Maputo était Paris, et Paris devait être Maputo, comme toutes les villes du monde qui, comme nous, à quelques jours de la COP21, montraient la marche à suivre.

Guillaume Thiériot

Conseiller de Coopération et d’Action culturelle

12087050_423707891171382_3447197785854238199_o

No dia 27 de Novembro de 2015, três dias antes do início da Conferência Paris Clima 2015, ou seja a COP21, o Serviço de Cooperação e de Acção Cultural da Embaixada de França em Moçambique organizou uma marcha pelo clima, com 17 organizações da sociedade civil. Flashback sobre as emoções de uma marcha colorida e feliz nas ruas de Maputo, que se concluiu em frente a uma Torre Eiffel em materiais reciclados, erguida por surpresa em frente ao Conselho Municipal.                                                                                                          …                                                                                                                                        On the 27th of November 2015, three days before the beginning of the Conference Paris Climate 2015, namely the COP21, the Department of Cooperation and Cultural Action of the French Embassy in Mozambique organized a march for the climate, with 17 organizations from the civil society. Flashback on the emotions of a cheerful and colored walk in the streets of Maputo, that ended in front of an Eiffel Tower made of recycled materials, and erected by surprise in front of the Town Hall.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *