Makwero, « ma sœur » : un appel pour l’égalité hommes-femmes

Un silence règne dans la salle, la centaine d’élèves présents attend patiemment. Soudain, des pas au rythme régulier, des pas semblables à une marche militaire se font entendre, et un chœur s’élève progressivement, au rythme d’un « ho yo yo ! hé ya ! » répété en boucle. Les six acteurs entrent dans la pièce en poursuivant leur chant, et dans leur jeu, on devine des travailleurs qui portent ensemble une poutre et chantent pour se motiver. L’attention des élèves de l’école Noroeste 1 est à son comble, alors que les dialogues s’enchaînent et que la thématique de la pièce se fait bientôt comprendre : les personnages discutent de fidélité, de répartition des tâches domestiques, de violence basée sur le genre. L’un d’entre eux bat sa femme et exige d’elle une soumission totale, un autre partage les tâches de la maison et se dit épanoui de sa situation.

Représentation du groupe Makwero à Noroeste 1
Représentation du groupe Makwero à l’école secondaire Noroeste 1

Ponctuée de touches d’humour qui se traduisent par des fous rires de la salle, c’est la vie du quotidien que présente la pièce, des situations qui parlent aux élèves de 14, 15 ou 16 ans qui composent le public, et qui permettent d’aborder les difficultés inhérentes à la situation des femmes au Mozambique et de mettre en lumière les constructions mentales qui sont à l’origine des inégalités de genre. De multiples questions ressurgissent : qu’est-ce qu’être un homme ? Suis-je un homme si je participe aux tâches ménagères ? Dois-je montrer ma force physique pour faire preuve de masculinité ? Ai-je le droit d’interdire à ma femme de réaliser ses rêves ? Certaines activités sont-elles réservées à un seul sexe ? Etc. etc. Tout adolescent se pose ces questions ; l’idée est ici de les aider à trouver des réponses, en posant d’abord les bonnes questions.
La pièce s’achève dans un tonnerre d’applaudissements. Le succès est encore plus grand que la veille, lorsque les acteurs ont joué à l’école Josina Machel, où déjà pourtant, une salle remplie avait suivi avec attention la troupe Makwero (« frère » ou « sœur » en langue shangane). Créé en 2000 sous l’impulsion d’une association d’hommes féministes (HOPEM), Makwero participe régulièrement à des évènements de promotion de l’égalité des genres. Cette fois, leur représentation s’inscrit dans les activités parrainées par l’Ambassade de France pour la Journée internationale des droits de la Femme. Avant la pièce de théâtre, un film du réalisateur mozambicain Sol de Carvalho, O Jardim do Outro Homem, a été projeté aux élèves. L’histoire difficile, malheureusement encore trop fréquente, d’une jeune fille face au chantage de son professeur… diplôme contre faveurs… questionne les adolescents et révèle un intérêt sincère pour tous ces sujets.

Pour conclure cette semaine de la femme, Iveth, célèbre chanteuse mozambicaine de hip-hop et avocate à la Ligue mozambicaine des Droits de l’Homme, apporte la force de ses mots et de ses rythmes. Le jour, elle modère une conférence-débat sur l’éducation réunissant des représentants d’associations (Save The Children, HOPEM, Forum Mulher, FORCOM) où le rôle de l’école apparait essentiel là où les défis restent énormes. La nuit, armée de son micro et parée de sa robe en capulana, elle fait entendre d’autres sons, d’autres mots : une autre musique pour l’égalité.

Dois dias de eventos foram organizados pela Embaixada de França, em parceria com o Centro Cultural Franco-Moçambicano e o Ministério moçambicano da Educação e Desenvolvimento Humano para sensibilizar um vasto público sobre várias questões ligadas ao lugar da educação na luta em favor da igualdade entre homens e mulheres. A difusão dum filme de Sol de Carvalho sobre os abusos de professores a alunas e a organização duma conferência reunindo peritos de várias associações que trabalham no desafio da emancipação da rapariga e da mulher, no CCFM, completou perfeitamente a representação duma peça de teatro do grupo Makwero, que actuou em duas escolas de Maputo (Josina Machel e Noroeste 1) e permitiu efectuar com umas centenas de alunos e alunas, um intercâmbio construtivo sobre o lugar dos homens, o lugar das mulheres e a repartição das tarefas domésticas nas nossas sociedades. A ideia era realmente a desconstruir os estereótipos que estão na origem das desigualdades de género.

To celebrate the International Women Rights Day, the French Embassy, in collaboration with the CCFM, and the Ministry of Education and the Human Development organized several events in order to heighten awareness on men and women equality. Two of these events include a movie by Sol de Carvalho as well as a theatre production with the group Makwero have been shown to students in two secondary schools of Maputo. The aim of the events is to help to remove stereotypes amongst young people, expanding on areas such as the role of men and women in society and at home. Such stereotypes are often at the base of gender equality. To conclude this « Woman’s week » a conference with several women’s rights associations has been held, followed by a concert by “Yveth”. All of the events stress the importance of education in conquering equality for men and women.

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