Temos 10 anos ! ou le talent des jeunes mozambicains francophones

« Temos 10 anos ! », Nous avons 10 ans ! : un slogan qui a fleuri sur des centaines de T-shirt en ce mois de mars 2016,  dans les rues de Quelimane, Maputo,  Inhambane ou encore Beira. Ce n’est pas le printemps de l’hémisphère nord mais la francophonie qui s’est épanouie sous le soleil mozambicain.  Et cette année, la francophonie est d’autant plus festive qu’elle célèbre les dix ans de l’adhésion du Mozambique à l’Organisation Internationale de la Francophonie, en tant que membre observateur.

Outre la multiplicité des acteurs impliqués, la richesse de la programmation, l’effort de décentralisation des Ministères mozambicains, la forte résonance des valeurs de la francophonie, c’est avant tout l’enthousiasme de la jeunesse francophone qui nous a marqués. Ces élèves de l’école secondaire Noroeste 1 qui chantent à pleins poumons une composition de leur cru, en hommage à cet anniversaire spécial. Ces étudiants de l’Université Eduardo Mondlane, de l’Université Pédagogique et de l’ISRI qui rappent, qui chantent ou qui déclament. Tous ces jeunes qui s’approprient le français comme langue d’expression artistique, nous la renvoyant ainsi magnifiée.

UP poèmes  UEm - conf francophonie

 Quand on organise une conférence lors de la francophonie au Mozambique, on est d’abord un peu surpris car cela ne se passe pas tout à fait comme dans un amphithéâtre français ou européen… Après les interventions des conférenciers et les riches moments de débats, c’est une véritable performance musicale, poétique ou théâtrale des étudiants de français qui envahit la scène. Une énergie particulière vibre alors, sur scène comme dans le public, et on se laisse prendre par la magie du moment.

S’exprimer au quotidien en français, pour nous qui avons le français comme langue maternelle, c’est la vie tout simplement ; mais nous n’imaginons pas qu’au Mozambique il puisse susciter de telles vocations artistiques. Si ces jeunes s’expriment en français dans leur poésie ou leurs musiques, c’est notamment pour rendre hommage à cette langue qu’ils affectionnent tout particulièrement et à laquelle certains d’entre eux se destinent professionnellement, en tant que futurs traducteurs ou enseignants de français. C’est aussi parce que cela leur permet de s’ouvrir vers une nouvelle communauté artistique et culturelle, celle du monde francophone, et de transmettre des messages de paix et d’ouverture sur le monde.

Installez-vous bien, comme si vous étiez dans l’un de ces amphithéâtres mozambicains, et ouvrez grand vos yeux et vos oreilles; nous partageons ici deux productions de ces jeunes artistes que nous avons eu la chance de découvrir grâce à la francophonie.

Les voix du Xigubo – Citoyens du Monde

Citoyens du monde 2

https://www.youtube.com/watch?v=iQR3RcYDz-4&feature=youtu.be

Pensador Etalab et Edy le Formidiable sont les deux artistes du duo « Les voix du Xigubo » et auteurs de cette vidéo-poème. Abel Balate (Pensador Etalab) est passionné par la littérature et participe régulièrement aux soirées et concours de poésie organisés à Maputo. C’est à l’occasion de la francophonie 2015 et du concours Liberté et Tolérance qu’il a commencé à écrire en français et rencontré Edmilson Namburete (Edy le Formi-diable), avec lequel il a créé ce duo artistique. Edmilson est, comme Abel, étudiant de français à l’UEM, et dit de la langue français que « c’est un amour ».

Dans « Citoyens du monde », ils associent le français et le changana, valorisant ainsi leur langue d’étude – avec laquelle on remarquera qu’ils savent jongler jusque dans leurs noms artistiques – mais défendant aussi l’une des langues vernaculaires du Mozambique. La diversité linguistique est en effet une valeur à laquelle ils se sentent particulièrement attachés, et qu’ils ont voulu faire ressortir dans l’appellation de leur duo – « Xigubo » signifiant « tambour » en changana.

 La langue du muet

 « La langue du muet » est le premier texte en langue française de ce jeune poète de 22 ans, avec lequel il a remporté le premier prix du concEdson Manjate -ours de poésie organisé par l’Université Pédagogique lors de la francophonie 2016. Edson Manjate est étudiant en 4e année d’enseignement de français, langue qui le passionne, dont il aime la cohérence et qui selon lui permet de mieux s’exprimer. Il cherche à travers ce poème à montrer la force des mots, qui même sans voix pour les porter sont capables de s’exprimer.

Anne Barbier

Chargée de Mission Francophonie et Culture

A francofonia 2016 celebrou esse ano os 10 anos de adesão de Moçambique à Organização Internacional da Francofonia. Além da multiplicidade dos atores implicados, da programação muito rica e do esforço de decentralização, o mais marcante foi o dinamismo dos jovens francófonos, que fazem do francês a sua língua de expressão artística. Uma forma de homenagem ao francês e aos valores da francofonia, e de abertura em direcção das comunidades e das culturas francófonas.                                                                                                                                                                                                 The 2016 francophone celebrations commemorated this year the 10th anniversary of Mozambique adhesion to OIF (Francophone International Organization). The multiplicity of actors, a very rich program and an ambitious decentralization characterized these events. Even more striking was the dynamism of the French-speaking students,  who used French for the expression of their artistic talents. A tribute to French language and to the francophone values, as well as a step towards the francophone communities and cultures.

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